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Comptes 2025 : ce que nous disions lors du budget 2026 se confirme

Lors du vote du budget 2026, nous avions exprimé une inquiétude claire. Nous disions alors que, derrière un budget formellement à l’équilibre, les marges de manœuvre de la commune étaient devenues extrêmement réduites, que les charges fixes augmentaient, que les réserves ne jouaient plus pleinement leur rôle d’amortisseur, et que les priorités politiques restaient insuffisamment clarifiées. À la lecture du compte 2025, cette analyse n’est pas démentie. Elle est au contraire confirmée.

Un équilibre de plus en plus fragile

Le résultat global ordinaire reste positif, à 152.166,59 €. Mais ce chiffre ne peut pas être lu isolément. Le solde des opérations de l’exercice propre tombe à -797.009,37 €, et le résultat de l’exercice propre reste négatif à -522.872,57 €. Autrement dit, le fonctionnement courant ne tient plus réellement par lui-même. Le résultat global n’est maintenu qu’au prix de mécanismes correcteurs.

Cette fragilité s’inscrit dans une tendance de fond. Le résultat global ordinaire, qui atteignait 1.256.073,66 € en 2022, est tombé à 613.590,15 € en 2023, 691.525,27 € en 2024, puis seulement 152.166,59 € en 2025. Nous ne sommes pas face à une variation conjoncturelle, mais face à une tendance structurelle.

Des charges fixes en hausse constante

Entre 2022 et 2025, les dépenses de personnel passent de 3.859.078,84 € à 4.898.789,08 €. Les dépenses de fonctionnement augmentent de 1.563.469,51 € à 1.977.577,44 €. Les transferts passent de 1.829.852,07 € à 2.585.780,13 €. Les charges de dette passent de 122.170,13 € à 358.988,52 €. Le budget communal se rigidifie, année après année.

Le décalage structurel entre annonces et réalité des investissements

Sur la période 2022–2025, la commune a inscrit au budget initial 17.770.850,92 € d’investissements. Elle n’a engagé que 8.583.769,38 € (48,3 %) et n’a imputé dans les comptes que 2.315.229,28 €, soit à peine 13,0 %.

Ce constat n’est pas nouveau : sur la période 2018–2021, le taux d’imputation était déjà de 12,5 %. Sur huit ans, la commune affiche des budgets d’investissement élevés, mais la part effectivement imputée dans les comptes reste autour de 13 %. En 2025, les imputations ne représentent que 183.677,13 €, soit 4,4 % du budget initial de 4.170.571,54 €.

À partir du moment où cet écart se répète sur huit années, il ne peut plus être présenté comme un simple détail technique. Il révèle une manière de communiquer qui privilégie l’effet d’annonce et l’affichage budgétaire, sans donner une visibilité équivalente sur la réalisation effective.

Notre position

Pour BaV., l’enjeu n’est pas de noircir le tableau. Il est d’exiger une lecture plus honnête, plus complète et plus démocratique des finances communales. Une bonne gestion ne se mesure pas seulement à un résultat global encore positif ou à des montants annoncés au budget. Elle se mesure à la soutenabilité réelle du fonctionnement, à la cohérence des priorités, à la capacité d’exécution, et à la transparence avec laquelle on informe la population sur ce qui est réellement engagé, imputé et réalisé.

Pour ces raisons, et par cohérence avec l’analyse formulée lors du vote du budget 2026, nous avons voté contre les comptes 2025. Non parce qu’ils seraient illégaux ou techniquement faux, mais parce qu’ils confirment une trajectoire financière que nous contestons politiquement.

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