Lors du conseil communal du 6 octobre 2025, nous avons souligné nos préoccupations dans 3 domaines essentiels : la transparence dans la gestion financière, la passation entre responsables financiers et la recomposition de la Commission consultative communale d’aménagement du territoire et de la mobilité (CCATM).
Derrière ces points apparemment techniques, une même question traverse l’ensemble des débats : comment restaurer la confiance des citoyens dans la manière dont leur commune est gérée ?
L’audit communal placé à huis clos : un signal préoccupant
Dès le début de la séance, la majorité a décidé de placer à huis clos le point relatif à la motion déposée par notre groupe sur l’audit financier communal.
Nous avons pris la parole avant la clôture du débat pour exprimer notre désaccord profond avec cette décision, ni justifiée sur le plan légal, ni acceptable sur le plan démocratique.
Le Code de la démocratie locale prévoit que le huis clos ne s’applique que lorsqu’il s’agit de questions de personnes. Or notre motion ne mettait aucune personne en cause : elle portait sur la procédure d’attribution de l’audit, sur les garanties d’indépendance nécessaires et sur la crédibilité du processus.
Nous avons rappelé que le courrier de la tutelle régionale du 18 septembre 2025 met noir sur blanc plusieurs irrégularités :
- une offre non conforme au cahier des charges ;
- des références insuffisantes ;
- une absence de concurrence réelle ;
- et un risque de conflit d’intérêts dans la composition de l’équipe proposée.
Ces constats ne sont pas des interprétations politiques : ils proviennent d’une analyse administrative officielle du Service public de Wallonie.
Notre motion proposait des garanties simples et constructives :
- une confirmation que la personne mentionnée par la tutelle ne participerait pas à la réalisation de l’audit ;
- un audit complet couvrant toutes les années prévues ;
- la mise en place d’un comité pluraliste de suivi associant l’opposition ;
- des procès-verbaux et un choix concerté des volets de l’audit, dans un souci de transparence envers la population.
Nous ne pouvons pas dévoiler le contenu du huis clos, mais nous pouvons dire que la discussion a été constructive. Nous attendons maintenant des décisions claires quant à la poursuite et au cadrage de l’audit.
Un audit n’a de valeur que s’il est indépendant, complet et transparent.
Compte de fin de gestion : un malaise qui nous empêche d’adhérer
Le conseil devait également se prononcer sur le compte de fin de gestion, marquant la passation entre la directrice faisant fonction et le retour du directeur financier.
Nous avons tenu à souligner notre malaise face à la situation actuelle : la commune se trouve dans une phase de transition financière importante, sans que les causes des difficultés passées aient été clairement établies.
Tant que l’audit n’aura pas commencé, il nous paraît prématuré de valider un compte de gestion sans disposer d’une vision globale et objectivée. C’est pourquoi nous nous sommes abstenus sur ce point, par cohérence avec notre position sur l’audit.
CCATM : un manque d’ouverture persistant
La majorité a également soumis au vote une nouvelle composition de la CCATM, légèrement modifiée par rapport à celle du mois de mai. Cette modification ne corrige pas l’ensemble des déséquilibres signalés par la tutelle dans son courrier du 25 août 2025.
Plutôt que de saisir l’opportunité de relancer un appel à candidatures afin d’améliorer la diversité et la représentativité, la commune a choisi la voie d’une conformité minimale.
Pour toutes ces raisons, nous avons voté contre la proposition de composition.
Une gouvernance à reconstruire sur la confiance
Le conseil communal du 6 octobre illustre une tendance préoccupante : les débats publics sont souvent contournés, la transparence fragilisée et la participation citoyenne réduite à la portion congrue.
Nous continuerons à défendre cette exigence :
- un audit communal réellement indépendant ;
- une gestion financière transparente ;
- une CCATM représentative et ouverte ;
- et une participation citoyenne effective aux décisions qui façonnent l’avenir de Beauvechain.
La transparence n’est pas une option. C’est une condition de confiance, de respect et de démocratie.