Notre analyse de la Déclaration de Politique Communale 2024-2030

La Déclaration de Politique Communale (DPC) pour la mandature 2024-2030, récemment présentée par la majorité communale, appelle une analyse attentive. Bien qu’intentionné, ce document manque de cohérence et d’ambition comparé à la DPC 2018. Beauvechain avec Vous souhaite exprimer ses préoccupations et proposer des pistes d’amélioration pour le bien des citoyens.

Une structure floue et des priorités discutables

La DPC 2024-2030, avec seulement 7 pages, se distingue par sa brièveté et l’absence de structure claire. Alors que la DPC 2018 s’articulait autour de trois axes — bien-être, participation citoyenne, sécurité — la version actuelle énumère des actions sans hiérarchie. La protection de la ruralité et la participation citoyenne, pourtant essentielles, sont reléguées en fin de liste, laissant transparaître un manque d’engagement.

De plus, l’absence de suivi des engagements passés et d’évaluation des projets de la DPC précédente montre un manque de continuité. Une stratégie solide aurait permis de consolider les acquis tout en répondant aux défis actuels.

Des politiques peu ambitieuses pour les seniors

Si l’assistance numérique est une bonne initiative, l’accent doit être mis sur le maintien et le développement des services de proximité, pour garantir l’accès aux droits sans nécessiter une maîtrise des outils numériques. Le projet de partenariat pour un home, déjà évoqué lors de la précédente législature, reste en suspens.

Nous insistons sur la nécessité d’une politique intergénérationnelle. Les aînés doivent être davantage impliqués dans la vie sociale, à travers des initiatives valorisant leurs compétences et encourageant les échanges avec les jeunes.

Pour une véritable inclusion des jeunes et des enfants

Garantir l’accès aux activités pédagogiques pour tous les enfants est indispensable. Cependant, il est crucial que cette accessibilité profite à tous, indépendamment de l’établissement scolaire. Concernant la crèche à Hamme-Mille, il est important de préciser qu’elle est soutenue par la commune, mais n’en est pas une initiative directe.

Les infrastructures pour enfants et jeunes, comme les plaines de jeux ou les maisons des jeunes, doivent être prioritaires, modernisées et adaptées aux besoins actuels. Nous soutenons également les initiatives en faveur des jeunes parents, en leur offrant des services accessibles, notamment en termes de garde et d’activités parascolaires.

Une solidarité communale en demi-teinte

La création d’un service dédié aux seniors au CPAS pourrait concrétiser le maintien à domicile, souvent annoncé mais rarement appliqué. Nous plaidons également pour la division des logements, une solution efficace permettant aux aînés de rester chez eux tout en libérant des ressources pour d’autres projets sociaux.

L’offre en logements publics demeure insuffisante et mal équilibrée. Plutôt que de favoriser systématiquement les logements moyens, la commune doit investir dans des logements sociaux pour préserver la mixité sociale et répondre aux besoins des ménages vulnérables.

Culture et sport : des projets sans cap clair

Les chèques culture-sport, bien que prometteurs, manquent d’objectifs clairs et d’évaluation. Il est crucial de s’assurer que ces aides atteignent les publics visés et ne servent pas uniquement à des fins électoralistes. Nous saluons toutefois les partenariats avec les communes voisines et le GAL Culturalité, qui enrichissent l’offre culturelle et sportive locale.

Le projet de piscine et de salle polyvalente doit être accompagné d’une étude approfondie sur son impact financier et sa pertinence pour la population.

Préserver le caractère rural : des intentions, peu d’actions

La ruralité ne doit pas se limiter à des intentions. Elle doit s’intégrer dans une stratégie globale touchant l’urbanisme, l’environnement et l’économie locale. La commune doit soutenir les agriculteurs, privilégier les circuits courts et financer des politiques respectueuses de la ruralité.

Environnement et transition énergétique : des ambitions à revoir

Malgré la continuité affichée dans la politique énergie-climat, les moyens sont insuffisants. La gestion proactive des PFAS nécessite des analyses régulières et transparentes de l’eau et un suivi sanitaire sérieux.

La transition énergétique doit devenir une priorité transversale, impliquant la rénovation énergétique des bâtiments communaux, le soutien aux énergies renouvelables et l’encouragement d’initiatives citoyennes.

Économie locale : un soutien à renforcer

Le soutien à l’économie locale reste trop timide. Il faut revitaliser le commerce local, promouvoir l’économie circulaire et valoriser les produits locaux. Le tourisme durable représente aussi une opportunité à saisir pour dynamiser la commune. Ces initiatives doivent être portées par une vision cohérente, soutenue financièrement et logistiquement.

Mobilité : écouter les citoyens

Si les infrastructures pour usagers lents sont un pas en avant, une approche répressive envers la mobilité automobile sans alternatives crédibles est inefficace. Un plan de mobilité global doit inclure des solutions innovantes comme les transports collectifs et partagés, tout en améliorant la sécurité pour tous.

Participation citoyenne : des promesses à tenir

Réduire la participation citoyenne aux obligations légales est insuffisant. Pour restaurer la confiance, il faut des processus participatifs authentiques et transparents. Nous proposons des conseils consultatifs inclusifs et des outils numériques interactifs pour dynamiser la démocratie locale.

Une gestion transparente à construire

Bien que la majorité évoque une gestion saine, l’absence de perspectives financières à moyen et long terme dans le PST précédent a freiné les avancées. Un audit des finances communales est nécessaire pour clarifier les défis actuels et bâtir une transparence financière et administrative.

Vous annoncez un audit financier « en vue d’une gestion dynamique des finances communales et pour permettre une gestion rigoureuse des finances publiques en maintenant une fiscalité basse et juste ». À la lecture de cette phrase, on pourrait penser que l’audit est une simple démarche pour confirmer votre bonne gestion. Aujourd’hui, un audit doit être envisagé car à la suite des dernières réunions concernant le budget, il apparaît de façon explicite que la Majorité est incapable de nous garantir la bonne santé financière de la commune et de la conformité des comptes à la législation.

Conclusion

La DPC 2024-2030 manque de souffle et de vision. Beauvechain mérite une politique ambitieuse, transparente et participative, axée sur les besoins réels de ses citoyens. Nous serons attentifs à ce que les promesses faites se traduisent en actions concrètes pour une commune plus juste et unie.

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