PCDR : de la dynamique, oui. Mais vers quoi exactement ?
Beauvechain dispose depuis plusieurs années d’un Programme Communal de Développement Rural (PCDR), porté par une Commission Locale de Développement Rural (CLDR). En mars, le rapport d’activité 2025 a été présenté au Conseil communal. Nous avons pris position.
Ce qu’il faut d’abord reconnaître : un travail réel a été accompli. Les consultations villageoises ont mobilisé les citoyens, plus de 300 projets et idées ont émergé, et le travail d’accompagnement de la FRW et de l’ICEDD a été conséquent. Cette dynamique mérite d’être saluée.
Mais nous ne pouvons pas en rester là.
Un processus participatif qui interroge
L’hackathon organisé dans ce cadre nous a posé problème. Sur la trentaine de participants, près d’un tiers étaient des représentants de la majorité. Ce déséquilibre a pesé sur les résultats : les projets « Comète » et « Franche-Comté » ont été plébiscités de façon qui nous a semblé pour le moins orientée. Un processus participatif ne se résume pas à une consultation dans laquelle les conclusions semblent connues d’avance. Sa crédibilité tient précisément à sa capacité à accueillir les désaccords et à intégrer les remarques critiques.
Prioriser sans budget, c’est prioriser dans le vide
La CLDR a hiérarchisé des projets en lots — un travail sérieux, qui a demandé du temps et de l’investissement à ses membres. Mais quand on pose la question des budgets disponibles, la réponse reste floue : « on devrait avoir des subsides en 2027 », « les subsides sont octroyés au coup par coup ». Ce n’est pas une politique de développement rural. C’est une liste d’opportunités possibles, sans trajectoire claire.
Et les chiffres parlent d’eux-mêmes : entre 2022 et 2025, seulement 13% de ce qui avait été inscrit au budget initial a effectivement été réalisé. On ne peut pas continuer à planifier sans ancrer les projets dans une réalité financière honnête.
Toutes les priorités ne se valent pas
Parmi les projets retenus, certains sont utiles, visibles, mobilisateurs — comme un jardin-forêt nourricier. Mais leur portée reste limitée au regard des enjeux structurants qui attendent Beauvechain : la qualité de l’eau, l’artificialisation des sols, la mobilité, les finances communales. Prioriser, c’est aussi choisir. Et choisir, c’est parfois renoncer aux projets les plus consensuels au profit de ceux qui changent vraiment la donne.
Rappelons enfin qu’une commune qui lance une nouvelle dynamique PCDR n’a pas pour autant soldé les engagements passés. Plusieurs anciens projets structurants ne sont toujours pas clôturés au niveau régional. La continuité et la rigueur font aussi partie du sérieux qu’on attend d’un développement rural crédible.
Notre position
Nous soutenons le PCDR comme outil de réflexion collective. Mais nous demandons que la commune assume davantage la question des priorités réelles, qu’elle ancre ses choix dans une perspective financière honnête, et qu’elle donne à la participation citoyenne les moyens de déboucher sur des décisions structurantes — pas seulement sur des listes de souhaits.
