PFAS à Beauvechain : ce que nous savons, ce que nous attendons encore
Les PFAS — substances per- et polyfluoroalkylées, qualifiées de « polluants éternels » en raison de leur persistance dans l’environnement et dans l’organisme humain — sont au cœur d’une préoccupation croissante à Beauvechain. Cet article vise à exposer clairement la situation telle qu’elle est connue à ce jour, les démarches entreprises, et les nombreuses questions qui restent sans réponse.
Une contamination avérée, une source probable
La base aérienne militaire de Beauvechain constitue une source historique majeure de contamination aux PFAS. Des mousses anti-incendie riches en ces substances y ont été utilisées pendant des décennies, jusqu’en 2021. Les relevés réalisés par la Défense cette année-là ont classé le site parmi les hotspots reconnus, avec des concentrations de PFOS atteignant jusqu’à 97 fois les valeurs limites fixées en Wallonie. À cela s’ajoute l’ancien site industriel de la teinturerie La Comète, susceptible d’avoir également contribué à la contamination locale.
En décembre 2023, la SWDE a mis en évidence des concentrations allant jusqu’à 70 ng/L de PFAS dans l’eau de distribution issue des deux captages communaux. Des filtres à charbon actif ont été installés en urgence début 2024. Depuis, les analyses à la sortie des filtres sont rassurantes pour l’eau du robinet. Mais cette solution ne traite qu’un aspect du problème.
Des chiffres qui méritent attention
Deux indicateurs sont à distinguer. Le PFAS20 mesure l’ensemble des 20 substances couramment analysées. Le PFAS4 mesure les quatre composés les plus préoccupants pour la santé humaine : PFOS, PFOA, PFHxS et PFNA.
Avant la mise en place des filtres, les analyses à Beauvechain montraient environ 70 ng/L de PFAS20 — en dessous de la norme européenne de 100 ng/L — mais environ 40 ng/L de PFAS4, soit dix fois la valeur guide de 4 ng/L appliquée en Flandre et dans plusieurs pays européens, et dix fois la valeur cible que le gouvernement wallon s’est fixée pour janvier 2028.
Des analyses citoyennes réalisées dans des puits privés à Nodebais ont révélé des concentrations de PFAS4 dépassant également cette valeur cible future, avec trois des quatre substances les plus nocives détectées. Ces analyses ont été effectuées par un habitant de la commune à titre personnel, auprès d’un laboratoire agréé. Elles ne constituent pas une étude officielle, mais leurs résultats sont suffisamment préoccupants pour mériter d’être mentionnés. La source de cette contamination n’a pas encore été officiellement identifiée.
Beauvechain en zone PRE, pas en ZIP : une inégalité de traitement
La Région wallonne a défini des zones d’investigation prioritaires (ZIP) pour les communes les plus exposées. Dans ces communes — treize à ce jour — des prélèvements sont réalisés sur les œufs, les légumes, les sols et les eaux de surface, et un biomonitoring humain est organisé. Beauvechain n’en fait pas partie, malgré la présence avérée d’un hotspot sur son territoire. BaV. a interpellé la commune et les autorités régionales pour obtenir une révision de ce classement.
Ce dossier est mis à jour au fil de l’actualité et des informations disponibles.
