PFAS : Beauvechain mérite la transparence et des mesures à la hauteur

Après la conférence du 4 septembre 2025 avec le ministre Coppieters, BAV analyse la situation PFAS à Beauvechain : des chiffres préoccupants et un manque de transparence persistant.

La conférence organisée à Tourinnes-la-Grosse autour du ministre de l’Environnement, Yves Coppieters, a été l’occasion de confirmer ce que beaucoup pressentaient : la situation à Beauvechain est préoccupante. Mais elle a aussi révélé une autre réalité, tout aussi inquiétante : les habitants n’ont toujours pas obtenu de réponses claires à leurs interrogations légitimes.

Beauvechain reléguée en zone PRE

Notre commune a été classée en zone PRE (Programme de Recherche des Émissions), un dispositif qui vise principalement à identifier la source de pollution d’un captage de la SWDE. Cela signifie que les analyses menées se concentrent sur les eaux souterraines, sans prendre en compte d’autres sources d’exposition possibles.

Or, ce n’est pas seulement la qualité de l’eau du robinet qui préoccupe la population. Les habitants s’interrogent aussi, à juste titre, sur l’impact potentiel de la pollution sur les eaux de surface, sur les légumes cultivés localement ou encore sur les œufs produits dans nos poulaillers. La question a été posée, mais aucune réponse n’a été donnée.

Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes

Lors de la conférence, le ministre Yves Coppieters n’a pas fait la démonstration objective et chiffrée que Beauvechain ne devait pas être intégrée au ZIP. Avant la mise en place des filtres à charbon actif par la SWDE, les analyses ont montré des concentrations très élevées :

  • PFAS20 (ensemble des 20 substances mesurées) : environ 70 ng/L,
  • PFAS4 (les 4 substances les plus préoccupantes pour la santé humaine) : environ 40 ng/L.

Cette distinction est essentielle : les PFAS20 donnent une idée du niveau global de pollution, mais ce sont bien les PFAS4 qui mesurent les PFAS les plus dangereuses pour la santé.

À Beauvechain, les 70 ng/L de PFAS20 restent en deçà de la norme internationale fixée à 100 ng/L. Mais les 40 ng/L de PFAS4 dépassent par dix la valeur guide appliquée en Flandre et dans plusieurs pays européens (4 ng/L).

Il est d’autant plus incompréhensible que la plupart des communes intégrées dans les zones d’investigation prioritaires (ZIP) présentaient des concentrations de PFAS20 autour de 80 ng/L, proches de celles de Beauvechain, mais des niveaux de PFAS4 majoritairement inférieurs à ceux mesurés ici.

Comment justifier, dès lors, que Beauvechain soit tenue à l’écart de ces mesures renforcées, alors même que ses habitants sont exposés à des concentrations parmi les plus préoccupantes de Wallonie ?

Une transparence qui fait défaut

Il faut aussi savoir qu’un comité de suivi existe dans le cadre du PRE depuis plus d’un an, avec la participation de la commune. Pourtant, aucune information n’a été communiquée ni aux conseillers communaux, ni à la population.

En juin dernier, la majorité a même voté une motion demandant l’intégration en ZIP… Sans faire mention du dispositif PR en cours. Ceci contribue à renforcer le sentiment d’opacité et d’incohérence dans la gestion du dossier.

Ce que nous demandons

Face à cette situation, Beauvechain Avec Vous estime qu’il n’est plus possible d’attendre. Nous demandons que :

  • Beauvechain soit intégrée sans délai dans les ZIP,
  • les habitants puissent bénéficier d’analyses élargies, de biomonitoring et de recommandations sanitaires fiables.
  • Que l’ensemble des informations et résultats d’analyses concernant les PFAS à Beauvechain soient rendus publics, de manière régulière et transparente, sur le site de la commune, conformément à l’engagement pris par la majorité lors du vote de la motion PFAS déposée par ECOLO adoptée quasi à l’unanimité en juin.

Informer et protéger la population

Enfin, au-delà des mesures techniques et administratives, il est indispensable d’engager une véritable politique d’information et de prévention. Les habitants doivent être accompagnés pour comprendre comment réduire leur exposition aux PFAS, qu’ils soient présents dans les aliments achetés en commerce ou dans les nombreux produits de consommation courante qui en contiennent encore.

Source des données : https://environnement.wallonie.be