Le débat autour du sentier 24, qui traverse le domaine du château de Valduc, concentre des enjeux majeurs : juridiques, environnementaux et démocratiques. Face à la demande de déplacement de ce sentier, nous appelons à une position claire, fondée sur le droit, le bon sens et l’intérêt général, tout en tenant compte des préoccupations du propriétaire.
1. Refuser le déplacement du sentier 24 pour des raisons juridiques, environnementales et politiques :
- Le sentier est inscrit à l’atlas des voiries vicinales. Il est imprescriptible depuis 2012. Sa suppression ne peut être envisagée que selon une procédure stricte, que la demande actuelle ne respecte pas.
- La jurisprudence est claire : un usage limité ou irrégulier ne justifie en rien l’abandon d’un sentier public. La servitude de passage est une obligation légale, qui ne saurait être écartée à la convenance d’un propriétaire, aussi influent soit-il.
- Céder à une telle demande reviendrait à fragiliser l’ensemble du maillage des voiries communales, et à ouvrir un précédent dangereux pour tous les autres sentiers publics.
- Derrière les arguments avancés — environnement, sécurité — se cache principalement la volonté de restreindre l’accès au domaine de Valduc.
Nous défendons une application rigoureuse du décret voirie de 2014, la continuité des chemins publics, et le rejet de cette demande contraire à l’intérêt général.
2. Réhabiliter activement le sentier, en concertation avec le propriétaire et les usagers
Le maintien du sentier ne signifie pas le statu quo. Au contraire, nous appelons à une réhabilitation concertée et qualitative :
- Un balisage clair, permettant aux promeneurs de suivre aisément le tracé ;
- Des aménagements légers mais efficaces (clôtures, passerelles, marquages…) pour protéger la faune et la flore, dans le respect du droit de propriété ;
- Un dialogue ouvert avec les riverains et le propriétaire, dans un esprit de cohabitation respectueuse ;
- Une communication pédagogique, via des panneaux discrets et soignés, valorisant le site — son histoire, sa biodiversité, son statut particulier — et encourageant les bons comportements (rester sur le chemin, tenir les chiens en laisse, préserver le calme du lieu).
Ces types d’aménagements existent dans les zones Natura 2000 et les réserves naturelles : il est parfaitement possible de protéger un site sans en exclure les usagers. La mobilité douce fait partie intégrante des politiques environnementales contemporaines.
3. Protéger formellement le Site de Grand Intérêt Biologique (SGIB) du domaine de Valduc
Si la majorité communale souhaite sincèrement protéger la biodiversité, une voie crédible et juridiquement solide s’offre à elle : reconnaître et protéger formellement le site.
Nous proposons :
- L’intégration du domaine dans le Plan Communal de Développement de la Nature (PCDN) ;
- L’étude d’un classement en Réserve Naturelle Agréée ou autre statut de protection contraignant, en concertation avec les associations environnementales.
Cette démarche, menée en accord avec le propriétaire, permettrait une gestion active du site, la mise en place de mesures concrètes de conservation, et donnerait un véritable sens aux engagements de la commune en faveur de la biodiversité.
Conclusion
La défense du sentier 24 n’est pas un caprice militant, c’est une exigence démocratique et écologique. Elle implique de défendre le droit d’accès aux chemins publics, tout en agissant concrètement pour la protection de l’environnement.
Rassemblons-nous pour porter une proposition ambitieuse et équilibrée : refuser le déplacement, réhabiliter intelligemment le sentier, protéger réellement le site.
Nous invitons l’ensemble des forces politiques et les citoyens à soutenir cette approche cohérente, respectueuse du droit, de l’environnement et des valeurs démocratiques.