Environnement à Beauvechain : un rapport d’activité, mais quelle politique ?
Le rapport annuel 2025 du conseiller en environnement a été présenté au Conseil communal du 30 mars. Nous l’avons lu attentivement, et nous avons pris la parole.
Commençons par ce qui doit être dit clairement : le conseiller en environnement abat un travail réel. Son rapport témoigne d’une présence sur le terrain, de projets concrets et d’une implication sincère. Nous le reconnaissons sans réserve.
Mais un rapport d’activités, aussi solide soit-il, ne tient pas lieu de politique environnementale communale. Et c’est bien là que se situe notre questionnement.
Sur les PFAS : une motion votée, des engagements non tenus
En juin dernier, le Conseil communal a adopté à l’unanimité une motion PFAS — proposée par Écolo — demandant que Beauvechain soit intégrée dans les zones d’investigation prioritaires et s’engageant à informer régulièrement le Conseil et la population.
Nous sommes fin mars. Neuf mois plus tard :
- Aucun courrier n’a été présenté au Conseil ;
- Aucun compte rendu du comité de suivi n’a été communiqué ;
- Aucune information publique n’a été diffusée ;
- Les habitants ignorent toujours si la commune a défendu leur intégration en zone prioritaire.
En novembre, nous avions déjà posé la question. En mars, nous la reposons. Ce n’est pas de l’acharnement — c’est notre rôle. Une commune qui vote une motion à l’unanimité et ne donne ensuite aucune suite n’envoie pas un signal de sérieux à ses citoyens. Sur un sujet aussi sensible que la contamination aux PFAS, nous attendons de la commune qu’elle soit proactive, qu’elle obtienne les résultats des analyses et qu’elle les rende publics.
Le rapport mentionne par ailleurs d' »excellents contacts avec la Base militaire ». Nous en prenons acte. Ces bons contacts doivent servir à obtenir des informations complètes sur les pollutions — pas seulement à faciliter l’organisation d’événements.
Sur la biodiversité : valoriser ce qui brille, éviter les choix difficiles
Nous avons aussi abordé la question des zones humides, de la biodiversité et de l’artificialisation des sols. Ces milieux sont rares et précieux sur le territoire de Beauvechain. Or nous avons le sentiment que la commune met plus facilement en avant des projets visibles et consensuels — comme les mâts pour les cigognes ou le jardin-forêt nourricier — que les arbitrages beaucoup plus difficiles qui touchent à l’aménagement du territoire et à la protection réelle des milieux naturels.
Ces projets ont leur valeur. Mais leur impact sur la chute de la biodiversité ou sur la protection des équilibres écologiques reste limité par rapport aux enjeux de fond. La crédibilité d’une politique environnementale se mesure aussi à sa capacité à protéger ce qui existe déjà : les zones humides, les continuités écologiques, les sols encore vivants.
Sur la biomasse : un investissement, sans solution
Le rapport mentionne un « point de blocage » sur le projet de chaudière biomasse. Ce que nous comprenons, c’est que l’installation est quasiment prête, mais que le problème de l’approvisionnement avec les agriculteurs locaux n’est pas résolu — et que le conseiller lui-même ne voit pas de solution avant décembre 2027. C’est préoccupant. Si le partenariat avec les agriculteurs ne se concrétise pas, une part importante de l’intérêt du projet s’effondre. Nous attendons des réponses claires sur la suite.
Une charge administrative qui pèse sur les réalisations
Le rapport est honnête sur un point : la charge administrative croissante rend de plus en plus difficile la conduite de projets concrets. Le conseiller lui-même le dit. Nous posons la question à la majorité : qu’envisage-t-elle pour y répondre ? Parce que si le cadre de travail ne permet pas de mener à bien les missions, c’est la politique environnementale de toute la commune qui en pâtit.
Notre position
Nous ne contestons pas le travail réalisé. Nous demandons que la commune se donne les moyens d’une véritable politique environnementale — qui assume les choix difficiles, qui respecte ses engagements votés, et qui place la transparence envers les citoyens au cœur de son action.
