Brève du Conseil communal du 30 mars 2026
Comptes 2025 : la trajectoire se confirme
👉 Lire notre analyse complète des comptes 2025
Lors du vote du budget 2026, nous avions pointé la fragilité de l’équilibre communal. Les comptes 2025 le confirment. Le résultat global ordinaire tombe à 152.167 €, contre 1,26 million en 2022. Plus révélateur encore : le solde de l’exercice propre est négatif à -797.009 €. Le fonctionnement courant ne se suffit plus à lui-même.
Les charges fixes progressent sans relâche : personnel (3,86 → 4,90 M€), fonctionnement (1,56 → 1,98 M€), transferts (1,83 → 2,59 M€), dette (122.000 → 359.000 €). Le budget se rigidifie.
Sur les investissements, le décalage est structurel : sur 2022–2025, 17,77 M€ budgétés, seulement 2,32 M€ imputés (13 %). Sur 2018–2021, c’était déjà 12,5 %. En 2025 seul : 4,17 M€ budgétés, 183.677 € imputés (4,4 %). La commune communique sur des intentions, les comptes révèlent une exécution réelle bien plus modeste.
Nous avons voté contre les comptes — non parce qu’ils seraient illégaux, mais parce qu’ils confirment une trajectoire financière que nous contestons politiquement.
ORES – Mise en souterrain à Hamme-Mille
Le projet de mise en souterrain des réseaux à Hamme-Mille s’inscrit logiquement dans les aménagements du cœur de village et du raccordement de la future crèche — cohérence fonctionnelle réelle.
Deux points d’attention : le financement passe une nouvelle fois par un prélèvement sur fonds de réserve lors d’une future modification budgétaire — gestion fragmentée de l’extraordinaire. Par ailleurs, l’offre ORES est datée du 29 septembre 2025 (valable 6 mois) : est-elle encore valide au moment du vote ?
PCDR – Rapport d’activité 2025
👉 Lire notre position sur le PCDR
Le rapport d’activité 2025 du PCDR documente une série d’activités — groupes de travail, plateforme participative, projets de terrain. Soit. Mais notre attente d’un PCDR va bien au-delà de cela.
Un processus de développement rural doit aider la commune à faire des choix, à hiérarchiser ses priorités et à les inscrire dans une réalité budgétaire. Ce n’est pas ce que nous voyons. Le rapport reste très narratif, très valorisant, et très peu exigeant sur les arbitrages. Quels projets ont été retenus plutôt que d’autres, et pourquoi ? Quelles ressources leur sont consacrées ? Ces questions ne trouvent pas de réponse.
Sur la biomasse locale : nous soutenons le principe d’une filière locale organisée. Mais une chaudière biomasse ne présente d’intérêt réel que si la filière d’approvisionnement local existe réellement. Nous aurions attendu que ce couplage soit finalisé avant d’engager l’investissement. Construire d’abord, organiser ensuite, c’est une logique qui ne garantit pas la cohérence du projet.
Plus largement, le PCDR ne peut pas se contenter d’être un espace de participation bienveillante. Il doit produire des décisions éclairées, prises en connaissance de cause — y compris sur le plan budgétaire. Tant que le lien entre la participation citoyenne et les choix concrets de la commune reste flou, la dynamique reste insuffisante.
CLDR – Modification de la composition
Les départs et remplacements dans une commission participative sont normaux. Mais l’accumulation de désistements — ici à la CLDR, ailleurs au comité POLLEC — mérite une question honnête : pourquoi ?
Notre position : soutien à la CLDR et au principe participatif, mais la qualité du processus doit être regardée avec davantage de lucidité. Un espace participatif vivant suppose une vraie capacité d’écoute des critiques, sans les prendre personnellement.
Rapport du conseiller en environnement 2025
👉 Lire notre position sur le rapport environnement
Nous reconnaissons le travail réel : terrain, sensibilisation, projets locaux. Mais un rapport d’activités ne tient pas lieu de politique environnementale communale.
Pollution et transparence : la commune doit se battre pour obtenir et publier les résultats d’analyses. La motion PFAS prévoyait un engagement de transparence — il doit être tenu.
Zones humides, biodiversité, artificialisation : les projets symboliques ne remplacent pas les arbitrages difficiles d’aménagement du territoire. La crédibilité d’une politique environnementale se mesure à sa capacité à protéger ce qui existe déjà.
Travaux – Mise en conformité électrique des bâtiments
La mise en conformité est évidemment nécessaire. Le marché couvre 8 lots (49.100 € TVAC), avec avis favorable du directeur financier. Point de fond : ces remises en conformité arrivent à la suite des contrôles, plutôt que dans le cadre d’une politique préventive et planifiée d’entretien du patrimoine communal. C’est une gestion encore trop corrective.
Question de fin de séance — Dossier TAMET
Nous avons interpellé le Collège sur un point de gouvernance préoccupant. L’enchaînement des faits :
- 7 janvier 2025 : le Collège vote un avis favorable conditionnel, avec de nombreuses conditions techniques.
- 24 juin 2025 : un courrier rédigé à la première personne du pluriel, signé par la seule Bourgmestre, est transmis au SPW — sans délibération du Collège et sans reprendre aucune des conditions votées. Nous ne comprenons pas pourquoi la Bourgmestre a transmis un avis personnel au SPW, en dehors de tout avis formellement voté par le Collège.
- Novembre 2025 : le Collège confirme à l’unanimité son avis favorable conditionnel.
- Mars 2026 : le rapport de synthèse transmis au Ministre ne reprend que le courrier de juin 2025 — soutien inconditionnel — et non l’avis formel du Collège de novembre, probablement non transmis dans les délais.
Résultat : la position de la commune telle qu’elle apparaît devant le Ministre est un soutien inconditionnel au projet TAMET — alors que les deux avis formels du Collège étaient conditionnels. Nous trouvons cet enchaînement profondément préoccupant pour la crédibilité de nos institutions.
En résumé
Au cours de ce conseil, nous avons soutenu les travaux de mise en conformité électrique, reconnu le travail réel du conseiller en environnement et pris acte des activités du PCDR, tout en formulant des réserves claires sur l’absence de hiérarchisation des priorités et le lien insuffisant avec les décisions budgétaires.
Nous avons voté contre les comptes 2025, dont la lecture confirme une trajectoire financière fragilisée, des marges de manœuvre réduites et un écart structurel persistant entre les annonces d’investissement et leur réalité comptable.
Nous avons enfin interpellé le Collège sur le dossier TAMET, où la position officielle transmise au Ministre ne reflète pas les avis conditionnels formellement votés par le Collège.
